Littéralement, le terme peinture désigne la matière et la pratique consistant à appliquer une couleur sur une surface telle que le papier, la toile, le bois, le verre, le béton et bien d'autres supports. Dans un sens artistique, le terme «peinture» signifie la combinaison de cette activité avec le dessin, la composition, c'est-à-dire qu'il intègre des considérations esthétiques. En ce sens, la peinture est le moyen pour l'artiste-peintre de représenter une expression personnelle sur des sujets aussi variés qu'il existe d'artistes. C'est donc une forme d'art. La peinture peut être naturaliste et figurative, ou abstraite. Elle peut avoir un contenu narratif, symbolique, spirituel, ou philosophique. Sommaire [masquer] 1 Vue d’ensemble 2 Histoire de la peinture 3 Esthétique et théorie en peinture 4 Les différents types de peinture 4.1 Selon le procédé de fabrication 4.2 Selon la technique 4.3 Selon le support 4.4 Matériel de peinture 5 Les différents mouvements en peinture 6 Principaux thèmes en peinture 7 Voir aussi 7.1 Articles connexes 7.2 Liens externes Vue d’ensemble [modifier] Portrait du bouddhiste zen chinois Wuzhun Shifan, peint en 1238 par un peintre chinois.Ce qui caractérise la peinture est la perception et la représentation de l'intensité. Chaque point dans l'espace a une intensité différente qui peut être représentée en peignant en noir ou en blanc, en passant par toutes les nuances de gris. Dans la pratique, les peintres peuvent mélanger des formes en juxtaposant des surfaces d'intensité différentes. La couleur et la tonalité sont l'essence même de la peinture, comme le sont la hauteur et le rythme pour la musique. La couleur est fortement subjective, et a des effets psychologiques et des significations symboliques qui peuvent différer d'une culture à l'autre: le noir est associé au deuil dans les pays occidentaux, alors qu'en Asie, c'est le blanc. Quelques peintres, théoriciens, auteurs et scientifiques, comme Goethe, Kandinsky ou Newton, ont écrit leur propre théorie de la couleur. Dans le langage, le mot désignant une couleur englobe bien souvent des couleurs et des tonalités différentes. Ainsi, le mot «rouge» peut couvrir un large éventail de couleurs. Il n'y a pas un registre formel des différentes couleurs, comme c'est le cas pour les notes de musique, même si le système Pantone est couramment employé dans l'imprimerie ou l'industrie graphique. Pour un peintre, la couleur n'est pas simplement divisée en couleurs primaires et complémentaires (comme le rouge, le bleu, le vert, le brun, etc). En effet, il utilise des pigments lui permettant d'obtenir de grandes variétés de couleurs. Par exemple, le «bleu» pour un peintre, peut être le cyan, l'indigo, le bleu de cobalt, le bleu marine, etc. Le rythme est aussi important dans la peinture que dans la musique. Le rythme est une pause dans un ensemble qui permet à la force créatrice d'intervenir et d'ajouter de nouveaux éléments, une forme, une mélodie, une coloration. Les artistes modernes ont considérablement étendu la pratique de la peinture pour inclure, par exemple, le collage, qui a débuté avec le cubisme. D'autres peintres ont incorporé des matériaux variés tels que le sable, le ciment, la paille ou le bois, comme l'on fait Jean Dubuffet ou Anselm Kiefer pour ne citer qu'eux. Il y a également une communauté grandissante d'artistes qui utilisent désormais des ordinateurs pour peindre sur une toile numérique en utilisant des programmes tels que Photoshop, Paint, et beaucoup d'autres. Ces images peuvent être imprimées s'il y a lieu sur une toile traditionnelle. (voir : peinture numérique) C'est en 1829 qu'est apparue la première photographie puis, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les procédés photographiques se sont améliorés. Alors que la photographie devenait de plus en plus répandue, la peinture a perdu beaucoup de son rôle historique qui était de présenter un cliché d'une scène observable. C'est dans ce contexte qu'au cours du XXe siècle sont apparus de nouveaux mouvements artistiques comme l'impressionnisme, le post-impressionnisme, le fauvisme, l'expressionnisme, le cubisme et le dadaïsme, qui ont profondément changé la perception du monde, héritée de la Renaissance. L'art moderne et contemporain marquent donc une évolution de la peinture, qui est passée d'un rôle, traditionnellement historique et documentaire, à celui de concept. Histoire de la peinture [modifier] Article détaillé : Histoire de la peinture. Les plus anciennes peintures connues à ce jour se trouvent dans la grotte Chauvet, en France, et elles ont, selon la plupart des historiens, environ trente-deux mille ans. Gravées et peintes avec de l'ocre rouge et un colorant noir, elles représentent surtout des scènes de chasse avec des chevaux, des rhinocéros, des lions, des buffles et des hommes. On trouve d'autres exemples de peinture rupestre partout dans le monde, en France, en Espagne, au Portugal, en Chine, en Australie, etc. Dans les cultures occidentales, la peinture à l'huile et l'aquarelle sont les médium (peinture) les plus connus, avec des traditions riches et complexes dans le choix des modèles et des thèmes. Dans les pays orientaux, c'est l'encre noire ou colorée qui a toujours prédominé. Esthétique et théorie en peinture [modifier] Apelle ou l'art de la peinture (détail), œuvre du peintre italien Belltower du Giotto (1334-1336)L'esthétique a tenté d'être la «science de la beauté», et elle était une question importante pour des philosophes des XVIIIe et XIXe siècles comme Kant ou Hegel. Les philosophes classiques comme Platon et Aristote ont également théorisés sur l'art et la peinture en particulier. Platon avait tendance à négliger les peintres, et également les sculpteurs, dans son approche philosophique. Il considérait que la peinture ne pouvait pas représenter vérité, mais seulement une copie de la réalité et qu'il s'agissait d'un simple métier, comme la cordonnerie ou la ferronnerie. Au contraire, Léonard de Vinci estimait que «la peinture est une chose intellectuelle». Kant distinguait la beauté et la sublimation, en privilégiant clairement cette dernière. Même si cette approche ne visait pas la peinture en particulier, elle a été reprise par des peintres comme Turner ou Caspar David Friedrich. Hegel a, quant à lui, reconnu l'impossibilité d'atteindre le concept de la beauté universelle et, dans son essai Leçons sur l'esthétique, il a écrit que la peinture est l'un des trois arts romantiques, avec la poésie et la musique, en raison de son rôle symbolique et sa dimension intellectuelle. Parmi les peintres qui ont écrit des travaux théoriques sur la peinture, il faut citer tout d'abord Leonardo da Vinci (trattato della pittura), Eugène Delacroix et, au XXe siècle, Salvador Dali, Paul Klee, Jean Monneret et Kandinsky. Ce dernier estimait que la peinture avait une valeur spirituelle, et il rattachait les couleurs primaires aux sentiments ou concepts essentiels. L'iconographie s'est également attachée à théoriser la peinture. Le créateur de cette discipline, Jean-Pierre Alaux, a essayé d'analyser les symboles visuels dans leur dimension culturelle, religieuse, sociale et philosophique pour parvenir à une meilleure compréhension de l'activité symbolique de l'humanité. Les différents types de peinture [modifier] Selon le procédé de fabrication [modifier] Une huile de TurnerIl existe différents types de peinture que l'on identifie généralement à l'agglutinant ou au liant servant à la fabriquer (qu'il s'agisse de peinture à l'eau, à l'huile ou à l'essence). On peut notamment citer: l'aquarelle le lavis (encre de Chine) la gouache l'acrylique la peinture à la cire la peinture à la colle la peinture à l'huile le pastel la tempera la cerra-colla La peinture en bombe aérosol ou Spray de peinture. L'aérographe, et la peinture au pistolet Selon la technique [modifier] Pour peindre, les artistes ont développé une multitude de techniques et outils spéciaux pour étendre les couleurs sur les différents supports à peindre. Ces outils peuvent être de fabrication industrielle ou manuelle, voire aussi tout simplement se réduire à l'utilisation des doigts, des tissus ou n'importe quel objet à portée de leur main. la peinture au pochoir la composition picturale la peinture en transparence l'aplat qui consiste à appliquer un champ coloré uniforme la peinture liquide, en utilisant une peinture fluidifiée à l'aide de médium ou d'eau, permettant d'obtenir des effets liés la peinture par brossage consistant à mettre de la peinture sur un pinceau-brosse ou un chiffon que l'on frotte sur un support afin de lui faire perdre une partie de sa couleur pour obtenir un effet évanescent de la couleur. la peinture par projection (splashing) qui consiste à projeter la peinture à distance sur la toile, un peu comme le dripping la peinture par grattage ou scarifications qui permet, à l'aide d'un outil abrasif ou coupant, de prélever de la matière, du médium et de mettre à jour les couches inférieures, voire le support même, qui peut être ainsi même attaqué, troué. la peinture par irisation la peinture à la fresque la peinture au couteau Certains peintres sont allés encore plus loin en développant une technique de peinture avec tout leur corps, en se roulant sur des toiles. Selon le support [modifier] Article détaillé : support de peinture. Matériel de peinture [modifier] Article détaillé : Matériel de peinture. Médiums Outils de peinture Supports Format de châssis Les différents mouvements en peinture [modifier] Articles détaillés : Mouvements en peinture et Mouvements en peinture occidentale. Les mouvements en peinture désignent les différents éléments, techniques et méthodes visuelles qui caractérisent le travail d'un artiste. Un artiste-peintre peut s'inscrire dans un mouvement soit parce qu'il s'y est consciemment impliqué, soit parce que des historiens d'art l'ont placé dans cette catégorie. Au travers des siècles, de nombreux mouvements sont apparus : Abstraction lyrique Art abstrait Art Brut Art contemporain Art déco Art informel Art naïf Baroque Cobra Colorfield Painting Constructivisme Cubisme Dadaïsme Expressionnisme Expressionnisme abstrait Fauvisme Figuration Libre Folk art Graffiti Impressionnisme Maniérisme Minimalisme Modernismo Néoclassicisme Op Art Orientalisme Orphisme Muralisme Photoréalisme Pointillisme Pop art Post-impressionnisme Postmodernisme Réalisme Romantisme Réalisme socialiste soviétique Stuckisme Surréalisme Tachisme Principaux thèmes en peinture [modifier] Bonaparte au pont d'Arcole, par Antoine-Jean Gros, (ca. 1801), Musée du Louvre.En peinture, comme dans d'autre formes artistiques, il existe des thèmes récurrents : le portrait et l'autoportrait la nature morte et les vanités le trompe-l'œil le Nu la peinture animalière la peinture calligraphique le paysage et la peinture marine la peinture d'histoire et la scène de genre la peinture religieuse et la peinture profane ou mythologique l'enluminure et la miniature Peinture à l'huile Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Aller à : Navigation, rechercher Cet article ou cette section doit être recyclé. Une réorganisation et une clarification du contenu est nécessaire. Discutez des points à améliorer en page de discussion. Présentation générale Histoire de la peinture Mouvements picturaux Art figuratif - Art abstrait gothique - renaissance - baroque académisme - néoclassicisme - rococo impressionnisme - art nouveau cubisme - dadaïsme - fauvisme réalisme - surréalisme - Néo-expressionnisme - Pop art Thèmes picturaux Peinture religieuse-profane-mythologique Portrait - Autoportrait - Le nu Peinture d'histoire - orientaliste Nature morte - Paysage Peinture animalière / marine Techniques picturales Matériel - Support - Médiums Composition picturale - Perspective Les peintres Liste des peintres A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z par courant / par nationalité Portail de la Peinture Projet - Café des peintres Peinture à l'huileLa peinture à l'huile est un matériel de peinture, qui utilise un mélange de pigments et d'huile siccative, permettant d'obtenir une pâte plus ou moins consistante. L'huile utilisée est généralement l'huile de lin ou l'accessoire de plonger. La peinture à l'huile « sèche » plus lentement que la peinture acrylique et permet de mieux mélanger les couleurs ou de récupérer plus facilement un défaut. Ce que l'on appelle « séchage » est en réalité une oxydation de l'huile, qui se polymérise et durcit, sans changer l'aspect de l'œuvre, et en quelque sorte, emprisonne les pigments et permet la conservation de la peinture[1]. Il est également possible d'obtenir des effets de matière ou de reliefs avec une pâte assez consistante. L'utilisation d'une spatule appelée aussi couteau permet par exemple d'obtenir du relief et d'augmenter ainsi la matière de l'œuvre. Sommaire [masquer] 1 Technique 2 Traditions 3 Deux approches majeures 4 Historique 5 Fabrication et stockage de la couleur à l'huile 6 Notes et références 7 Notes et références Technique [modifier] Les peintres ont toujours utilisé, pour fixer les couleurs, des matières agglutinantes, comme les gommes, la colle de peau, l'œuf, la cire, la Chaux, etc. Vers la fin du Moyen Âge, on trouva le procédé de l'huile siccative, et les frères Van Eyck furent les premiers à appliquer avec maîtrise la nouvelle technique. Jusqu'au XIXe siècle, les peintres, ou leurs élèves, broyaient eux-mêmes les couleurs, pigments en poudre, avec l'huile de lin ou l'huile d'œillette, qui sont siccatives et restent transparentes en séchant, ils les employaient aussitôt et n'avaient pas, comme aujourd'hui, la facilité d'acheter des tubes de couleur toute préparée, broyée mécaniquement le plus souvent. La technique est restée longtemps immuable : le peintre dessinait sur la toile ou sur le panneau de cuivre ou de bois préparé, peignait (parfois en grisaille) en couche mince, sur ce dessin, en donnant l'effet de lumière par le jeu des ombres et des reflets, puis, une fois cette première couche bien sèche, la recouvrait de glacis teintés, transparents, donnant la coloration. Le tout formait une surface bien unie, comme une toile cirée. Puis les audacieux osèrent accentuer les lumières en leur donnant une épaisseur. Ce procédé devint général, et de nouvelles techniques sont nées : peinture en pleine pâte, par touches séparées, avec ou sans ébauche préparatoire. Les théories de Chevreul, les découvertes des physiciens influencèrent des peintres comme Eugène Delacroix, puis, plus tard, les impressionnistes. Ces théories influencèrent aussi un mouvement appelé le pointillisme, ou néo-impressionnisme, avec la décomposition de chaque ton en tons primaires, comme celle de la lumière solaire par le prisme en spectre coloré. Des techniques nombreuses, des théories, des écoles ont vu le jour et il en naît constamment de nouvelles. Traditions [modifier] La peinture à l'huile, telle que l'ont inventée les Flamands - dont les frères Jan van Eyck, repose sur des principes simplifiés par les progrès de la technique. Il n'est plus nécessaire de tout faire à la main, depuis la préparation des supports jusqu'au mélange des couleurs, ni d'effectuer un tour du monde et en rapporter des produits de base ; enfin nul n'est besoin de torturer un maître d'atelier pour en extraire quelque secret. Les manuels sont très didactiques et les marchands de couleurs parfaitement documentés. Le matériel de peinture représente un gros marché qui repose sur une offre et une demande également pléthoriques. Le liant, comme son nom le laisse supposer, lie les éléments colorés - appelés pigments – entre eux . Dans ce cas il est à base d'huile de lin purifiée, ou d'huile d'œillette. On peut améliorer la pâte avec des résines. Van Gogh lui-même utilisait ce procédé. Le médium crée cette pâte malléable et donc facile à étaler. Il est à base d'huile, que l'on appelle « gras », et d'essence que l'on dira « maigre » par opposition. En effet, l'huile de lin est beaucoup plus grasse que l'essence de térébenthine rectifiée. Si on utilise l'huile d'œillette et l'essence de pétrole, la différence est la même. Le vernis est un complexe de type médium, dont la définition mériterait un chapitre à lui tout seul. La tradition veut que l'on commence par définir un support propre et adéquat, qui varie du papier à la toile de lin, dûment apprêtée à l'acrylique ou au gesso, et que l'on nourrisse ce support de couches successives au fur et à mesure qu'elles sèchent. Et plus on avance, plus les couches sont grasses. L'explication en est très simple. Les couches maigres mettent peu de temps à siccativer. Elles entreraient en conflit avec les précédentes si elles étaient plus grasses parce qu'elles traîneraient à s'oxyder à leur tour, d'où un phénomène variant entre la peau d'orange et celle du reptile au cours de la mue... À éviter, selon les traditions. Ce phénomène bien compris, le problème reste entier : la toile est encore vierge. Selon la tradition, il est bon d'arriver devant le support avec un projet ou à la rigueur : une grande détermination. Deux approches majeures [modifier] Née des ateliers classiques et des grands formats tels qu'ils garnissent nos musées, la tradition reste la base référentielle de nombreux peintres. Les couches picturales du tableau sont nombreuses et exploitent les transparences de certains pigments, alliée à celle, plus évidente, des médiums. On les appelle « jus » (très peu de pigment et beaucoup de médium), « glacis » (très peu de pigment et beaucoup de médium corsé en résine), « vellatures » (très peu de pigment, beaucoup de médium corsé en résine et un petit peu de blanc)... Par opposition à « pâte », « matière », « charge »... Cette tradition donne à la peinture à l'huile toute sa subtilité et sa profondeur. La lumière peut, si elle est bien construite sur un support savamment préparé, sortir du fond du tableau, du fait de la place qui lui aura été réservée tout au long de l'exécution. L'huile traditionnelle d'atelier implique une mise en œuvre longue et capricieuse, dont les secrets sont scellés avant tout par le génie des illustres artistes qui lui ont donné son statut prestigieux. Si le contour de Vermeer reste un mystère, est-ce du fait d'un procédé ou d'une inégalable légèreté ? Les lumières de Vinci sont-elles calculées ou miraculeuses ? Les touches de Degas ont-elles un sens ou une inspiration ? Il est des œuvres devant lesquelles l'inévitable « c'est parce que » devient muet. L'autre façon d'entreprendre l'huile est beaucoup plus récente et date de l'invention du tube par l'industrie de la peinture. Séduits par cette nouveauté, les artistes ont échappé à la clairière intérieure de leur atelier pour rejoindre celle des bois. Quelques contraintes les accompagnaient : celle du format à transporter - à l'aller et au retour, et celle du temps Chronos. Il leur fallut se créer une technique pour saisir le motif dans sa fugitive cohérence. Les précédents du genre tenaient plus de l'esquisse et du brouillon préparatoire que de l'œuvre achevée. Ils inventèrent « la touche », seul moyen de rendre et la couleur et la lumière possible en une seule fois. Impressionnisme, pointillisme, post-impressionnisme, fauvisme, expressionnisme, tous ces courants n'ont cessé d'explorer les limites de la peinture à l'huile dite alla prima - autrement dit première couche. La réflexion sur la peinture a considérablement évolué. La technique et sa maîtrise ont perdu une partie du prestige qu'elles avaient gagné au cours de nombreux siècles d'histoire. Par le fait d'un décalage. La vraisemblance avait pris plus d'importance que le sens pictural dans l'appréciation du genre. La révolution de l'art moderne constitue un retour du sens au-delà des moyens, par dessus la capacité technique à représenter le monde. Plus tard, ce débat du sens et des moyens réapparaîtra sous une autre forme, au bout de l'abstraction : quand le sujet est « dépassé », il ne reste que la question de l'outil. Historique [modifier] L’invention de la peinture à l’huile est attribuée au peintre flamand Jan van Eyck (1390-1441), mais le procédé consistant à mélanger les pigments dans l’huile était déjà connu de Theophilus au XIIIe siècle. En réalité, il n'y a pas eu de révolution technique au sens stricte mais une longue évolution. En effet les peintres du moyen-age utilisèrent beaucoup les temperas qu'ils recouvraient parfois d'une ultime couche huileuse en guise de protection. Au fil des générations, cette couche huile c'est progressivement chargée en pigment donnant ce que l'on peut qualifier de premier glacis. On retrouve d'ailleurs dans les tableaux des frères Van Eyck, en dessous d'inombrables couches de glacis cette sous couche à la tempera. Les panneaux destiné à être peint étaient imprégnés de plusieurs couches de colle et d’enduit, lorsque le bois était imparfait, ce qui était souvent le cas dans les pays du sud (Italie, Espagne), ils étaient préalablement marouflés d’une fine toile afin de limiter les effets de dilatation ou de rétraction du bois. L’inconvénient de cette technique était que la dimension des tableaux était relativement limitée, d'une part à cause de la grandeur maximale qui pouvaient être atteinte avec des planches, d'autre part, par le poids des oeuvres. C’est à partir du XVe siècle que l’utilisation de châssis entoilés fait son apparition. On en trouve les premières utilistation sur des volet d'orgue à Venise. Ce sont d'ailleurs les Vénitiens qui répendront cette pratique en Italie dans le courrant du 16ème s et en flandre via l'influence de rubens au 17eme s. La toile la plus couramment utilisée est le lin. Elle doit être recouverte d’une couche d’enduit qui permet à la peinture de s’accrocher. En 2008, on découvre les plus vieilles peintures à l’huile connues à ce jour dans les grottes afghanes de Bamiyan. Elles sont datées du VIIe siècle [2]. Fabrication et stockage de la couleur à l'huile [modifier] La couleur à l'huile se fabrique en mélangeant intimement les pigments déjà réduits à l'état de poudre avec le liant. Cette action se nomme broyage des couleurs. Au début, les artistes broyaient eux-mêmes les couleurs dans leur atelier juste avant de les utiliser. Ils n'avaient pas de moyen de conserver très longtemps ces couleurs. Dès le début du XIXe siècle apparurent des vessies de porc destinées à contenir et à conserver les couleurs à l'huile. Les tubes d'étain ont été inventés vers 1840[3]. Ces nouveaux récipients étaient beaucoup plus pratiques que les vessies de porc et permettaient de conserver les couleurs intactes plus longtemps. C'est grâce aux tubes d'étain que les peintres impressionnistes ont pu sortir de leur atelier pour aller peindre leurs paysages sur le motif, c'est-à-dire dans la nature. Peinture acrylique Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Aller à : Navigation, rechercher Cet article est une ébauche concernant l’histoire de l’art et la peinture. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants. Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion. Présentation générale Histoire de la peinture Mouvements picturaux Art figuratif - Art abstrait gothique - renaissance - baroque académisme - néoclassicisme - rococo impressionnisme - art nouveau cubisme - dadaïsme - fauvisme réalisme - surréalisme - Néo-expressionnisme - Pop art Thèmes picturaux Peinture religieuse-profane-mythologique Portrait - Autoportrait - Le nu Peinture d'histoire - orientaliste Nature morte - Paysage Peinture animalière / marine Techniques picturales Matériel - Support - Médiums Composition picturale - Perspective Les peintres Liste des peintres A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z par courant / par nationalité Portail de la Peinture Projet - Café des peintres La peinture acrylique est un médium de peinture utilisant des pigments traditionnels mélangés à des résines synthétiques. Sommaire [masquer] 1 Histoire 2 Composants 2.1 Médium 3 Voir aussi 3.1 Bibliographie 3.2 Liens externes Histoire [modifier] Elle a été inventée au Mexique au début du XXe siècle vers 1905 (au moment de la révolution mexicaine contre la dictature de Porfirio Diaz ) par des chimistes de l'Institut National Polytechnique de Mexico, et en collaboration avec les maîtres peintres muralistes mexicains, lors de la réalisation des fresques sur les façades de l'université de mexico. Les écrits de David-Alfaro Siqueiros (peintre-muraliste mexicain) : "L'art et la Révolution", racontent dans le détail la mise au point de cette technique picturale) mise sur le marché en 1950. Elle apparaît en France dans les années 1960[réf. nécessaire]. Elle a l'avantage de se diluer à l'eau et de sécher très vite, ce qui permet de travailler plus rapidement les différentes couches mais aussi d'être très solide et indélébile. Ainsi, une peinture acrylique sèche macule irrémédiablement un support. On ne pourra la nettoyer qu'avec des solvant puissants. Composants [modifier] La peinture acrylique est constituée de deux éléments : Les pigments, similaires à ceux de la peinture à l'huile, sont d'origine végétale, minérale, chimique ou animale. Le niveau de broyage de ces pigments détermine la qualité de la peinture et sa finesse. Le liant est une résine acrylique ou acrylo-vinylique. Les pigments sont mélangés à ce liant avant d'être broyés. La qualité du liant peut être plus ou moins fluide selon le type de peinture ou selon les fabricants. Un autre élément est quelquefois ajouté à la peinture pour en augmenter le volume, la charge, qui peut être du talc ou de la craie. Médium [modifier] Le médium principal de la peinture acrylique est l'eau, elle dilue la peinture et facilite son application, toutefois elle ne permet pas d'appliquer des effets. Des médiums à peindre pour l'acrylique permettent de les réaliser, comme l'empâtement, ou la texturation. On peut aussi mélanger la peinture avec du sable ou d'autres matériaux. On ne peut pas la mélanger ou la diluer avec de l'huile ou de l'essence, comme pour la peinture à l'huile, mais dans le cas de techniques mixtes on peut commencer un tableau à l'acrylique et le continuer à l'huile (et non l'inverse). Certes, même si principalement, le médium principal reste l'eau, l'alcool est également un médium très puissant à prendre en compte. En effet, les peintures acryliques contiennent de l'alcool en plus ou moins grande quantité. Par exemple, certaines marques spécialisées dans le maquettisme, utilisent des médiums à base d'alcool isopropyle. Les surfaces peintes avec de la peinture acrylique restent très sensibles à l'alcool même plusieurs mois après séchage. Cela peut représenter un avantage pour la dilution, mais certaines boissons alcoolisées peuvent très facilement venir à bout d'une belle surface brillante. Dans le cas d'une utilisation avec un pistolet ou un aérographe, il faut savoir que plus on rajoute de médium à base d'alcool, plus on satine le fini. Cela est également un avantage pour contrôler le rendu final. Un autre médium possible est l'acétone qui permet de nettoyer les ustensiles de peinture même laissés plusieurs jours en l'état, avec la précaution envers certaines matières plastiques qui sont dissoutes au contact de ce liquide.
Gaston Couté était fils d'un meunier. Il quitta l'école, qu'il s'était mis à détester à l'adolescence, avant le baccalauréat. Il fut alors commis auxiliaire à la Recette Générale des impôts d'Orléans, puis travailla pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Il commença à publier ses poèmes dans des feuilles locales, et à en composer en patois. Il les fit entendre à une tournée d'artistes parisiens de passage. Ayant reçu quelques encouragements, il se décida, en 1898, à monter à Paris. Il avait dix-huit ans. Après quelques années de vaches très maigres, il y obtint un certain succès à réciter ses poèmes dans les cabarets. Il collabora à la revue La Bonne chanson de Théodore Botrel. On peut dire qu'il représentait une version rurale de Jehan-Rictus, lequel l'avait aidé à ses débuts. Il écrivait également des chansons d'actualités pour des journaux anarchistes La Barricade et surtout La Guerre Sociale. La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose, l'absinthe, la privation (l'approche de la guerre qui favorisait les chansonniers cocardiers au détriment des anarchistes). Il mourut vingt-quatre heures après avoir été conduit à l'hôpital Lariboisière. « Après sa mort à l'hôpital, derrière le corbillard que suivaient quelques écrivains amis, le vieux père de Couté était en tête, vêtu de sa blouse de meunier, appuyé sur un bâton. Il regarda le cercueil que l'on recouvrait de terre et s'écria : “T'as voulu v'nir à Paris. Eh ben, t'y v'la !” » (Michel Ragon, Histoire de la littérature prolétarienne)(hélas une légende qui a la vie dure...) Les poèmes de Gaston Couté ont depuis régulièrement été mis à l'honneur : disques et spectacles (Gérard Pierron, Bernard Meulien, Claude Antonini, Compagnie Grizzli, Compagnie Philibert Tambour, Le P'tit Crème, Hélène Maurice...) et quelques interprètes de marque : (Édith Piaf, Bernard Lavilliers), rééditions, sites web... Certains groupes de musique contemporaine (rap, électro, techno) et hip-hop comme jazzkor , et les 1871 ont aussi repris dans son répertoire . Voilà encore des gars qui font reluire le Gaston comme un sou neuf… Ça swingue, ça balance, un peu manouche, un peu musette. Un beau p'tit n'accordéon, la belle guitare et la voix de Jean Foulon et les autres derrière, François , Bruno, Michel et Cédric, tous derrière, mais bien présents ! Des musiques à eux, quelques reprises, mais tellement lointaines des originales, totalement "digérées". Et puis ces gars généreux accordent quatre plages de leur CD pour quatre textes dits par Bernard, celui dont Claude Duneton parle dans son livre "La mort du français" comme d'un "paysan qui dit Couté comme un prince"… LES ELECTEURS : Les conscrits La paysanne Les électeurs (texte dit par B. Gainier) Le petit qui pleure Le patois de chez nous Le foin qui presse (texte dit par B. Gainier) La Julie jolie Va danser (musique de M. Legay) Le gas qu'a perdu l'esprit (musique G. Pierron) Le christ en bois (texte dit par B. Gainier) En revenant du bal Le charretier (texte dit par B. Gainier) Les cailloux (musique G. Pierron) Leurs "Conscrits" sont un peu manouches, même beaucoup, et on a presque envie de les suivre au pas, ces cons-là (je parle des conscrits)… Encore la belle guitare de Jean Foulon sur la "Paysanne", terriblement actuelle : Et méprisons la gloire immonde Des héros couverts de lauriers : Ces assassins, ces flibustiers Qui terrorisèrent le monde ! Une chanson à faire chanter par le public… qui pourrait bien remplacer les Mangeux d' terre qu'on chante habituellement à la fin des soirées Couté. Avec le "Petit qui pleure" ils ont choisi un texte moins connu pour en faire une jolie ballade mélancolique. Leur "Patois" de chez eux balance aussi pas mal… et la voix de Jean Foulon est claire et nette : on n'en perd pas une bouchée, on entend les textes ! Ils reprennent aussi deux tubs de Gaston, chantés autrefois par Edith Piaf : la "Julie jolie" et "Va danser". La Julie jolie sur une musique à eux, Va danser sur la musique de Marcel Legay chantée par Jean avec sa seule guitare. Puis le très beau "gas qu'a perdu l'esprit", un des grands moments de l'album ! Avec "En revenant du bal", autre merveille, très swing, très rapide… Merde ! C'est beau… Et puis les "Cailloux", plus classique, moins innovant, mais toujours très beau... Ils laissent quatre textes à l'agriculturé de Meung : Les "Electeurs" (qui est le titre de l'album… bizarre ?), "Le foin qui presse", "Le christ en bois" et "Le Charretier". De la belle ouvrage de bon paysan ! Bernard dit Couté, comme il respire… Fondé en 1992, ce groupe orléanais mêle chant, mandoline, basse, accordéon, guitare et percussions. Il joue du blues, du country et du folk, en interprétant le poète bauceron Gaston Couté. Animés par la passion de la musique, cinq copains saranais ont décidé de créer, en 1992, un orchestre associatif: " Le P'tit Crème ".Jean, "le gaucher", guitariste chanteur, François, bassiste, Bruno, guitariste joueur de mandoline et Dominique, percussionniste, se retrouvent à l'époque autour de Rachel, la chanteuse du groupe, pour interpréter "un peu de tout", comme ils disent. Mais le groupe a aussi ses créations, qu'il mêle aux standards folk de la chanson française. Un répertoire varié très cosmopolite, présenté lors des fêtes populaires saranaises et des villes environnantes-Ils sont alors remarqués pour la première fois à la fête de la CGT en 1993 par Claude Antonini, actrice et chanteuse, qui leur offrira la première partie de son spectacle à la salle de l'Institut. " Un souvenir mémorable " selon le groupe, mais aussi un déclic, puisqu'ils décident, dès lors, de chanter du Gaston Couté. Le succès ne se fait pas attendre, malheureusement sans Rachel qui, pour des raisons professionnelles, doit quitter le groupe. En bref, une histoire de copains qui se poursuit aujourd'hui par la création d'un premier CD (disponible à l'adresse ci-dessus contre un chèque de 105 F à l'ordre du P'tit Crème). Un album d'une quinzaine de titres, qui reprend avec émotion, les superbes textes engagés, d'un poète souvent incompris dans notre région. Les musiciens du " P'tit Crème " aimeraient bien lui lancer un autre clin d'œil en interprétant ce répertoire dans sa ville natale de Meung-sur-Loire. LA REPUBLIQUE DU CENTRE – 20 JUILLET 1998 Dimanche 15 octobre 2000 – Bibliothèque d'Auxerre Ils avaient fait ça bien à la bibliothèque d'Auxerre! Partout sur les murs, sur les vitres et même sur l'ordinateur qui gère les prêts, l'affiche rouge du P'tit Crème avec un énorme Gaston buvant son café… Pas mal ! Ils auraient pu faire de cette journée du livre une journée Prévert comme tout le monde. Non ! Couté… Et pourtant ici, il y en a des clochers. A première vue, c'est pas des anars dans le coin ! D'ailleurs, la bibliothèque municipale ressemble à une église laïque, mais sans clocher ni cloches à l'intérieur… Le spectacle était à 15h30… dans l'auditorium ! Oui, l'auditorium… Si Couté avait su qu'un jour il aurait sa place dans un auditorium, il ne serait pas monté à Paris, il serait venu à Auxerre… comme entraîneur de foot peut-être. Parce que, quand même, il y avait foot ce jour-là : la Bourgogne allait se taper sur la gueule avec le Bordelais. Et les affiches du match étaient encore plus grandes que celles de Couté et puis ils en avaient mis partout ! Gaston allait avoir la partie difficile ! Et finalement, non ! L'auditorium était plein… Il y avait au premier rang trois dames d'un âge respectable qui avaient dû se dire que le P'tit Crème ça devait être un thé dansant ou un goûter. Dans le fond, habillés tout en sport avec la casquette de rappeur, étaient assis quatre petits beurs (je ne savais même pas qu'il y avait une banlieue en Bourgogne) : Nick Gaston, ça sonne un peu la zone ! "Il a soupé du louép de su' le tenv' à la rètte..." Il y avait même le pharmacien d'Auxerre, avec sa femme et ses deux fils, aussi mon beau-frère, ma belle-sœur et mes neveux. Bref ! Il était plein comme un œuf, l'auditorium… Et en face, les gars du P'tit Crème avec tous leurs instruments. De gauche à droite, Michel Monnier à l'accordéon,François Gerbel à la basse, Cédric Vingerber à la batterie (plutôt un ensemble de gamelles en cuivre et de poêles à frire), sur le devant de la scène la guitare et le tabouret de Jean Foulon,le chanteur, et enfin Bruno Méranger à la guitare électrique près de la mandoline. Plus loin, dans un coin, Bernard Gainier, qui avait déserté ses bords de Loire pour les bords de l'Yonne. Les gars étaient un peu tendus quand même, pas trop tournés vers la contrepèterie pour le quart d'heure… La presse locale, barbichette en bandoulière, fit son entrée et nous photographia. Deux flashes ! Je me demande à chaque fois pourquoi la presse locale, toujours libérée et/ou républicaine, prend des photos des spectateurs… J'imagine la tronche de mon beau-frère quand il va se voir dans le journal. Alors, Monsieur écoute du Couté ? Monsieur ne va pas au football ? Dur à gérer, tout ça… Moi, je m'en fous : je n'habite pas là-bas… Et puis, Hélène de la bibliothèque a introduit (c'est comme ça qu'on dit ?) le P'tit Crème. Et Bernard s'est levé, nous a dit qu'il se demandait bien ce qu'il était venu faire si loin de ses poules et ses canards. Il nous cita du Dimey !!! Du Dimey qui parlait de Couté : "J'entend les violons... T'en souviens-tu, Marie? Va danser...Taisons nous pour mieux les écouter. Allons rue St Vincent...Je t'aime bien, Marie... Puis nous remonterons la rue Gaston Couté." Et nous eûmes pour commencer "La dernière bouteille"… Je ne le répèterai pas à chaque fois, mais la prestation fut très bonne, la musique très belle, avec des adaptations très personnelles (des musiques de Gérard Pierron ou Marc Robine), mais surout des musiques originales… et le public fut excellent. Un p'tit coup de jeune au Gaston, ça ne fait pas d' mal ! Ce fut ensuite "Le gars qu'a perdu l'esprit". Et là, les p'tits beurs se levèrent… J'ai eu envie de leur dire :"Restez et écoutez ! Gaston , c'est le grand père de tous vos Stumy, MC et compagnie ! C'est un rappeur ! Il se sert de sa langue pour dénoncer…" François, à la basse, les a regardés en souriant. Et moi je n'ai rien dit… Bernard, qui en plus d'être agriculteur et parfois consultant sur France-Culture, est aussi historien et géographe, nous expliqua qu'au moment de la Commune les Versaillais avaient été obligés de réquisitionner des terrains pour pouvoir en faire des cimetières et ainsi faire face à la demande, et notamment des terres appelées "champs de navets", qui arrivés en Beauce étaient devenus le "Champ de naviots"… D'où le titre de la chanson bien connue… qui n'est pas le "chant de naviots", comme ertains l'ont cru ! Puis il nous expliqua – mais là je doute quand même… - que le Missouri et le Mississipi étaient des affluents des Mauves, que les champs de blé qu'on voit près d'Orléans sont en fait des champs de coton et que la version blues du "Déraillement" était la version d'origine que Couté aurait chantée ! Pas sûr ? Pour nous convaincre, il enchaîna avec "Le gars qu'a mal tourné" et "L'odeur du fumier", s'accompagnant uniquement de son patois et du sourire narquois qui fleurit sous sa fine moustache de mousquetaire. C'était parti ! Il avait conquis les trois dames respectables du premier rang, qui avaient déjà oublié leur thé dansant… Les P'tit Crème revinrent pour "La complainte des Terr' Neuvas", "La Toinon", "L'amour anarchiste" et une petite nouvelle, toute mignonne et bien faite, "En revenant du bal". Ensuite, Jean, seul à la guitare, nous fit un très émouvant "Ramasseux d' morts". Ils redonnèrent alors la parole au barde gaulois qui se lança dans "Les Gourgandines". Quelle entreprise ! Près de cent vers à balancer comme ça… Il faillit même se planter "au mitan du frayé", mais une des dames respectables le ramassa en lui soufflant… les quelques mots qui le firent repartir. Attention, Bernard ! On ne rigole plus : des spécialistes sont dans la salle ! Et encore des chansons, qui swinguent et balancent, des blues musette : l'accordéon qui danse, la guitare qui pleure, la mandoline qui rigole ! Très chouette ! Vous auriez dû venir… J'ai attendu mon ami du Québec jusqu'à 10 heures du matin… et puis j'y suis allé sans lui ! Il aurait pu entendre "Après Vendanges", "A l'auberge de la route", "Le fondeur de canons", "Sur la grand ' route" et la "La Julie jolie", encore plus jolie que d'habitude, une nouvelle Julie, pas triste, plutôt java… "La Julie jolie, tsoin, tsoin !" Pas mal ? Plutôt bien même. Vous auriez dû venir… Pour répondre aux demandes de son fan club, les trois gourgandines du premier rang, Bernard nous dit "Monsieur Imbu" et "Les conscrits"… La prochaine fois, on aura droit à une version chantée des Conscrits, mais elle est encore en préparation : elle était encore un peu trop jeune, mais en mars elle sera à point. Et pour finir, une très belle version des "Cailloux" sur une musique de Gérard Pierron… Mais… il y a toujours un mais… Dans le public, quelqu'un aurait aimé entendre autre chose… Non, pas "Les conscrits", pas "L'idylle des grands gars..." Non ! Autre chose… Bernard chantant comme Freddy Mercury (il en a déjà la moustache) "We are the champions" avec l'accent de Meung-sur-Loire… Mais ce sera pour une autre fois ! Salut ! Vous auriez dû venir… d'autant que Bordeaux a battu Auxerre... Père « de tous les Brassens » Gaston Couté est né à Beaugency dans le Loiret, le 23 septembre 1880, puis habitant dès 1882 à Meung sur Loire " le méchant bourg de trois mille âmes...". Son père était meunier au Moulin de Clan, au hameau de Roudon. Certificat d'études primaire à 11 ans, puis lycée Pothier à Orléans, (où il connaîtra Pierre Dumarchey, futur Pierre Mac Orlan), lycée qu'il quittera à 17 ans pour travailler à la recette générale d'Orléans. Mais il ne se sent pas fait pour cette vie-là ! Dès son plus jeune âge, il est confronté aux règles, coutumes, traditions et rapports de force d'une société rurale cramponnée à sa terre et à ses valeurs ancestrales, au premier desquelles la religion, fonctionnant sur une organisation sociale et des rapports de classe quasi féodaux. Adolescent, il commence à écrire ses premiers poèmes, dans lesquels il porte un jugement sans complaisance sur le monde paysan qui l'entoure. Pour s'exprimer, il emploi le patois beauceron, il célèbre tout ce qui touche la nature avec ses beautés et ses bienfaits, tout en dénonçant avec force les riches fermiers qui exploitent les journaliers. Il fustige également les hypocrisies sociales et les faux bons sentiments... 1898 : devenu reporter au " Progrès du Loiret ", il publie ses premiers poèmes dont " Le champ de Naviots ". En Octobre de cette même année, il monte à Paris : premiers cabarets Boulevard Rochechouard, puis " L'Ane Rouge " avenue Trudaine et " Les Noctambules " où il rencontre Jehan Rictus, l'auteur des " Soliloques du pauvre ". D’autres célèbres cabarets Montmartrois l’accueilleront, " Les Funambules "," Le Carillon " etc… Avant de connaître le succès, l’un de ses premiers cachets artistiques fut pourtant... Un p’ tit crème !!! Eté 1899 : voyage à pied avec Maurice Lucas de Paris à Gargilesse (36) pour répondre à l’invitation de Gabriel Lion et de Claude Jamet, artistes en ce village... Itinéraire passant par Orléans, Blois, Cour-Cheverny, Romorantin, Mennetou, Vierzon, Mehun sur Yèvre, Bourges, St Florent, Issoudun, Châteauroux et enfin Gargilesse, puis retour à Paris. Au cours de cette équipée, Couté déclame ses textes, le soir, tandis que Lucas exécute sur le vif des pastels qui sont vendus au cours d’une tombola. A Châteauroux, ils sont accueillis au Pierrot Noir, cabaret renommé à l’époque, et le texte des Conscrits naîtra vraisemblablement à Déols, où il provoquera d’ailleurs quelques incidents, d’après les souvenirs de Maurice Brimbal, du Pierrot Noir. 1899 -1900 : il n'a pas vingt ans et il écrit ses plus beaux poèmes dont L'Ecole, Le Christ en bois, Les Gourgandines. Il prend souvent alors le pseudonyme de Pierre Printemps ou de Gaston Koutay. 1902 : période de succès dans les cabarets. Il rencontre notamment Poulbo, Modigliani, Picasso, etc... au " Lapin Agile ", l’un des plus célèbres cabarets Montmartrois. 1910 : il collabore aux revues "la Barricade" et "La Guerre Sociale" avec des chansons d'actualité. 28 Juin 1911 : décès à l'hôpital Lariboisière, d'une phtisie galopante - tuberculose - qui l’emporte en quelques jours. Il avait 31 ans. En 1916, un "poilu" de la guerre 14-18, jeune professeur de lettres, Romain Guignard, natif de la région d’Issoudun, s’efforce de retrouver l’œuvre du Poète, dont il a découvert les textes, dans les tranchées, dits par un soldat ! Dès lors, sa vie durant, il n’aura de cesse de les mieux faire connaître. En 1928 les textes sont regroupés et édités sous le titre : " La Chanson d'un Gâs qu'a mal tourné " 1957 : A deux pas du Lapin Agile, à Montmartre, une rue est inaugurée Rue Gaston Couté. Années 1970 : Vania ADRIENSSENS, Bernard MEULIEN et Gérard PIERRON ainsi que les Editions" Le Vent du Ch'min " nous font redécouvrir ce poète du Terroir. De nombreux interprètes les suivront, en ces Ch’ mins de Traverse, chacun ayant à cœur de mieux faire connaître la poésie de Gaston COUTE. Début de XXIème siècle : C'est plus d'une quarantaine d'interprètes que compte dorénavant l'œuvre de Gaston Couté… Dans la lignée des Vania, Bernard et Gérard, ces interprètes se sont investis pour faire connaître ou découvrir au grand public cette poésie, toujours actuelle et vivante, en ce début de 21ème siècle. Nul doute que l'œuvre poétique de Gaston Couté a encore de beaux jours devant elle. Gaston Couté (1880-1911) Il est sûrement parmi tous les poètes que Gérard Pierron a chanté, celui qui prend la place la plus importante dans sa carrière de mélodiste et de chanteur. Entre 1969 et 1999, c'est plus de trente textes de Gaston Couté que Gérard a mis en musique et interprète dans ses spectacles. Gérard et Gaston Couté En février mars 1978, Michel Rebourg faisait paraître dans le quotidien "La République du Centre" une série d'articles intitulée "Sur les traces de Gaston Couté". En voici ici deux extraits. Le premier relate sa visite à Meung-sur-Loire et sa rencontre avec les "amis" de Gaston Couté et le second rapporte une soirée spectacle avec Gérard Pierron. "Comment es-tu venu à lire, à interpréter Gaston Couté ? Gérard Pierron : J'étais à l'époque à Montmartre (1967) et un copain m'avait invité à prendre un pot chez lui. On a écouté un disque réunissant des chansons, des poésies de " poètes maudits " et parmi celles-ci je remarquai " Jour de lessive " interprétée par Pierre Brasseur. Chanson dont je me souvins deux ans après qui me revenait à l'esprit et qui me donna l'envie de mieux connaître Couté. J'allai donc faire le tour des bouquinistes en demandant à l'un, à l'autre, s'il ne connaissait pas l'auteur de ce poème. Quelques-uns me répondirent Jacques Prévert (effectivement, il y a un texte de Prévert qui porte ce titre). Et enfin on me répondit : " cela doit être Prévert ou Couté ; en effet je connais bien, j'ai un livre sur sa vie et je vends également des volumes du " Gâs qu'a mal tourné". C'était Louis Lanoizelée. Des mélodies se bousculaient ma tète, j'en montre deux à Léonardi et Monique Morelli, interprète de Couté, puis le silence pendant cinq ans. En 1990, l'éditeur Christian Pirot a publié "Gaston Couté, les mangeux d' terre" avec un avant-propos de Gérard Pierron : Aujourd'hui, nous avons occupé - mon ami Édouard Dupain et moi - des positions élevées. Nous avons travaillé sur le toit. Maintenant, nous nous réchaufTons près de la cheminée où se consument chevrons pourris et lattes. Le charpentier couvreur lit à haute voix un poème de Gaston Couté avec son accent morvandiau. Avec lui " L'école " devient " L'instruisou". J'adore. La radio parle de l'assassinat de Malik. De ce trop de cynisme, on n'en peut plus. Nous avons compris depuis belle lurette que les chants révolutionnaires ne marchent qu'à trois cents mètres par seconde. Et le chemin est long à parcourir, Édouard Dupain semble satisfait de sa lecture. Il n'est pas homme à s'emballer. L'emploi des superlatifs, c'est pas son truc. Il se gratte le dos avec l'extrémité de son mètre à ruban et dit tout simplement : " C'est un fort". " Gaston, tu m'as fait gagner ma vie ces dernières années. Grâce à toi j'ai parcouru toute la France profonde et j'ai trouvé bien du chang'ment depuis ton passage." Mais tu sais, en 1989, il y a encore des p'tits vins qui se laissent boire... Tu aimeras celui de ton cadet de deux ans, Eugène Bizeau, le chansonnier de Véretz. C'est un p'tit blanc des côtes du Cher, très bien vers onze heures du matin ". Bientôt l'Océane annonce de ses grands panneaux " Viaduc des Mauves ". Nous sommes en Beauce, à 136 kilomètres de Paris, un peu avant Meung-sur-Loire. Le moulin de Clan où Gaston Couté passa son enfance avant 1900 est bien là debout... tout frais recrépi. Ami automobiliste, quand tu auras franchi les Mauves, ces petits ruisseaux aux bords desquels flânait un gamin-poète, lève ton chapeau ! Le chemin que tu viens de faire à 130 à l'heure, il l'a fait à pied." Le P'tit Crème est un groupe musical orléanais fondé en 1992 et interprétant de la chanson française, notamment sur des textes du poète beauceron Gaston Couté. Le P'tit Crème est un groupe musical orléanais fondé en 1992 et interprétant de la chanson française, notamment sur des textes du poète beauceron Gaston Couté. Une belle illustration de l’œuvre de Gaston Couté. Excepté deux morceaux signés de Gérard Pierron (« Les cailloux », « Le gas qu’a perdu l’esprit »), le reste des musiques est signé de ce groupe et sonne avec justesse, entre guitares folks et accordéon. A noter la présence sur ce disque de Bernard Gainier, paysan beauceron, pour quelques textes dits avec truculence dans le patois de ce terroir (« Les électeurs », « Le christ en bois »…). Pour la modernité sans cesse retrouvée de Gaston Couté ! Le P'tit Crème chante Gaston Couté Le nouveau CD du P'tit Crème " Les électeurs " disponible depuis le 22 Mars 2002 Gaston Couté (1880-1911) Qu'est-ce qui peut bien valoir à Gaston Couté mort en 1911 à l'age de 31 ans, une audience que bien d'autres poètes ont perdue?... La réponse est dans les textes. Lisez quelques uns d'entre eux qui se trouvent sur une autre page de ce site et comparez deux époques. Jugez s'il y a quelques chose de changé fondamentalement dans la société. N'est-elle pas sur ses bases, en 1997, telle qu'elle était en 1900? L'injustice, l'hypocrisie, la veulerie, la couardise, le nationalisme, la connerie..., autant de maux qui nous sont familiers et d'attitudes qui nous habitent parfois («parfois» pour ménager les susceptibilités). Le P'tit Crème 2002 1990, Bruno, François et Jean, 3 copains des environs d'Orléans, passionnés de musique décident de consacrer un peu de leur temps à mettre en musique certains des poèmes de Gaston Couté. Au fil du temps de nombreux amis de Gaston Couté les rejoignirent. On attend beaucoup de monde samedi 22 et dimanche 23 septembre pour le deuxième festival consacré à Gaston Couté, chansonnier montmartrois, organisé par la municipalité de Meung-sur-Loire, ville où il a vécu toute sa jeunesse...Tout un programme est proposé autour du « gars qu’a mal tourné », une nouvelle exposition, en place jusqu’au 30 septembre, en plus de la permanente, au musée de « la Monnaye », salle Eric Doligé. Charlène Gilbert, la conservatrice, y a recueilli plus de 250 documents, panneaux de l’éditeur de l’époque, textes et manuscrits, journaux, cartes postales, photos. C’est le seul musée français consacré à ce poète de la terre, né à Beaugency en 1880 et mort à 30 ans, qui a écrit plus de 300 textes, parfois très « libertaires ». Samedi à 16 h30, projection d’un film, au théâtre de « La Fabrique » , « La belle époque de Gaston Couté », réalisé par Philippe Pilard,(il est conseillé de réserver rapidement), suivi par une soirée Cabaret de 19h à …2h du matin ! Le tout sous la houlette de Claude Antonini avec 18 interprètes de Couté, à la salle des fêtes. Dimanche est prévue une scène ouverte, animée par Vania Adrian Sens et son orgue de barbarie, au marché, place du Martroi. Chacun pourra y interpréter les textes de son choix ! Un concert d’1h 30 environ, lui succèdera, à 15 h, cette fois avec le groupe saranais « Le P’tit Crème », au théatre « La Fabrique ». Rendez-vous à Meung, pour fredonner les airs de la belle époque de Couté ! A.P. Film 3 €, soirée cabaret 15 € (tarif réduit 10 €) et concert « le P’tit Crème » à 10€. Réservations au 02 38 44 32 28 à l’Office du tourisme de Meung-sur- Loire. On a coutume de représenter Gaston Couté en « poète paysan », c'est un raccourci facile. Il n'est sans doute pas plus paysan que vigneron, il n'a pas davantage touché au manchon de la charrue qu'au sécateur ! Mais il a su peindre avec talent les gens de la campagne, les petits comme les gros, les pauvres et les puissants, les gens de la moisson comme ceux de la vendange. Cependant, à la lecture de son oeuvre, on a le sentiment que, sur son chemin de traîneux, la vigne et le vin l'accompagnent de bien plus près que la terre et le blé. A la rudesse des mangeux d'terre , Couté préfèrera souvent la chimère des amis de la vigne. Pour lutter contre la faim qui le taraude, il privilégiera le jus de la treille : le blé reste pour lui synonyme de cupidité et d'avarice, de « l'avoir » qu'on ne partage pas, alors que le vin saura lui couper la soif, lui permettra de voir la vie meilleure, lui fera croire au « partage » sans lendemain et lui donnera l'illusion d'être à sa place dans une époque pas aussi belle qu'on le dit. Avec le vin, il essaiera vainement d'aphysquer ses idé's rouges, ses idé's roug's et nouer's qui bougent dans sa caboch' de gueux et d' fou, de vouer tout en rose et crouer qu' si 'l a mal vu les choses c'est p'têt' pas qu'il était pas saoul. Le vin sera le symbole de la fête, qui permet l'espace d'une cuite d'effacer la réalité. Et s'il reconnaît qu'il n'a pas l' drouet au pain, il réclame le drouet à la chimère, "la chimèr' douc' des saoulés d'vin". Tout au long de son bref parcours, le thème du vin et de la vigne ne le lâchera pas et, même dans la dernière année de sa vie, quand il confiera à la Guerre Sociale sa chanson d'actualité hebdomadaire, il mettra en scène la révolte des vignerons marnais de 1911, révolte des petits vignerons affamés par le négoce et les gros manipulants qui importent du vin du sud pour fabriquer le champagne : des maisons de champagne seront mises à sac dans la vallée de la Marne, des vignes seront brûlées et l'armée interviendra à Épernay et dans ses environs. Couté en fera plusieurs textes d'actualité, dont le beau et violent « Ces choses-là » : Au sac des celliers la foule s'acharne / Brisant les bouteill's, crevant les tonneaux ; / Les ruisseaux débord'nt de flots de champagne / Et les vign's avec leurs grands échalas / Sont comm' des bûchers au coeur des campagnes Couté a disparu depuis bientôt un siècle et pourtant. à Meung sur Loire, là où il a grandi, pousse encore une vigne, la dernière du coin. Et cette vigne donne un petit gris meunier dont la principale qualité est de mettre des moigneaux dans les coeurs. Celui qui la soigne, c'est Bernard Gainier, un gars qui, d'après ce que certains racontent, dit Couté « comme un prince ». Mais c'est faux, Bernard Gainier, comme le rappelle Jacques Lambour, ne dit pas Couté, il « parle Couté ». Car le Couté est une langue qui se parle avec le coeur, qu'on apprend avec le coeur et qu'on comprend à Montmartre comme sur le bord des Mauves. Suffit d'avoir du cour. Et dans l'entourage de ce vigneron peu commun se trouve une dame, la « Grande Claude », comme il dit, la « mal tournée », comme elle dit. Cette dame, qui depuis toujours met en musique et interprète les poètes « pas assez connus », c'est Claude Antonini. De sa voix grave, chaude et rebelle, elle en a chanté des inconnus, elle en a déniché des poésies rares, après Paol Keineg , Jean Dieudonné Garçon ,sans oublier Armand Olivennes, toujours en recherche, elle rencontre au cabaret du Pétrin, Vania Adriensens, apportant dans ses valises parisiennes sa passion pour Gaston Couté . C'est alors qu' a commencé pour elle une saga qui n'est pas près de se tarir avec cette « Cuvée du Cigalier », elle revient encore à Couté. Divorce impossible ! Pour accompagner ces deux-là, des musiciens, des amis, des compagnons de chemin escarpé, Thierry Brossard et Vincent Viala, deux louches mélodistes, Jean Foulon, François Gerbel et Michel Monié, trois p'tits crèmes un peu blueseux ! Ils savent mettre sur les mots de Couté les notes qu'il faut, ils savent faire vivre la musique déjà présente dans les textes du poète, ils savent mettre leur swing, leur rythme et leur talent au service de son ouvre. Bref, cette « Cuvée du Cigalier » a su prendre le soleil de l'été et s'annonce des meilleures. A consommer sans modération. C.L. Juillet 2005. Pour obtenir le CD s'adresser à la Compagnie d´Ariane (21 rue Aignan-Thomas Desfriches 45000 Orléans 02 38 86 66 91 et http://www.compagniedariane.com le courriel suivant : (ariane@compagniedariane.com) 23 septembre 1880 : Naissance à BEAUGENCY (Loiret). Son père était meunier au Moulin des Murs. Détruit lors du bombardement de 44, ce moulin a fait place à un square qui porte précisément le nom du poète. La famille Couté aurait déménagé de Beaugency à Saint-Pryvé Saint-Mesmin (45) avant de venir à Meung à la fin de l’année 1884 dans une maison entourée de ses vignes. 1889 : Ce ne serait qu’en 1889 que Gaston Couté, sa sœur et ses parents s’installeront au moulin de Clan, sur un bras de la rivère "Les Mauves ", à 4 kilomètres de MEUNG-SUR-LOIRE. C'est alors la ville de la minoterie : tout le grain beauceron vient s'y moudre. C'est aussi la cité des poètes : Chopinel, dit Jehan de Meung, y écrivit la seconde partie du Roman de la Rose et François Villon termina dans les cachots du château son Grand Testament. Deux poètes révoltés animés par la même soif de justice. Gaston Couté y fut à bonne école. A propos d'école, Gaston fréquente l'école communale de La Nivelle (village des faubourgs de Meung-sur-Loire), puis le Cours complémentaire de Meung et, après son échec quasi volontaire au Brevet élémentaire, il devient interne au Lycée Pothier d'Orléans en septembre 85. Dans une classe supérieure à la sienne, l'élève Couté fait connaissance d'un certain Pierre Dumarchay ; bien des années plus tard, il retrouvera ce camarade à Montmartre sous le pseudonyme de Pierre Mac Orlan. 1896 : Premier récit de Couté édité dans la " Meunerie Française ". A partir d'avril 97, Couté (sous le pseudonyme de Gaston Koutay), donne des textes à la " Revue littéraire et sténographique du Loiret ". En décembre, il quitte le lycée. 1898 : Il est commis auxiliaire à la Recette Générale d'Orléans, puis muté à la Perception d'INGRÉ (prés d'Orléans). Il devient reporter au " Progrès du Loiret "etse met à écrire des poèmes. Des poèmes! A-t-on idée?. Lors d'une soirée chansonnière, l'animateur de la tournée invite les spectateurs à monter sur les tréteaux. Gaston Couté n'hésite pas : il escalade les planches et déclame "Le Champ d'naviots". Le directeur de la troupe Castello, l'impresario dirait-on aujourd'hui, n'en croit pas ses oreilles ! Voilà à coup sûr un chansonnier dans la pure tradition montmartroise ! Ce compliment ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd... Le 31 octobre 1898 : Couté arrive à PARIS, à l'âge de dix-huit ans. Il dirige aussitôt ses pas vers cette fameuse Butte Montmartre. Il débute au cabaret " Al Tartaine" (Bd de Rochechouart). Le succès du petit Beauceron ne se fait pas attendre. De tous les quartiers de la capitale, on vient écouter le cri de ce " poète en blouse ", de ce paysan qui parle un patois inhabituel aux images si crues et si justes. Septembre 1899 : voyage avec Maurice Lucas vers GARGILESSE en passant par CHATEAUROUX. 1900 : Conseil de révision : COUTE est ajourné. Il sera plus tard réformé définitivement. 1902-1907 : son nom sinscrit bientôt en gros caractères sur les affiches de " la Nouvelle Athènes", de " l'Ane rouge", des "Funambules", du "Lapin agile", du "Conservatoire", du "Carillon", des "Quat'z arts", du "Pacha noir", de " Gringoire "... Il devient même, pour quelques mois, co-directeur du cabaret " La Truie qui file " avec Dumestre et Dominus ! D'emblée, Gaston Couté devient une des figures les plus pittoresques et les plus sincères de la Butte ! Hélas ! Le poète préfère souvent les tables de bistrots aux scènes qui le réclament : peu à peu, les portes des cabarets se ferment. Pour ne rien arranger, les esprits changent. "Les grenouilles de bénitier fêtardes, écrivait André Sauger veulent bien écouter des plaisanteries égrillardes, mais elles ne prisent guère ce genre de propos et encore moins ceux qui, comme Gaston Couté, mettent leur plume au service de la vérité et de la liberté de l'esprit. Ils n'aiment point, ceux-là, qu'un poète se permette de confesser les joies et les douleurs de la multitude." Coutése retrouve fréquemment sans le sou, sur le pavé. Ce sont alors les privations, les cachets de misère, les meublés glacés et les maigres cafés crèmes. C'est aussi l'absinthe, car Couté s'adonne à la boisson et sa santé fragile s'altère. Conscient de son état, il abandonne parfois la Butte et, à pied, en compagnie de quelques complices, ses amis Tony Taveau et Pierre Mac Orlan, il revient passer l'été à ROUDON, chez la mère VITRY, à qui il loue un bâtiment vite baptisé "La Turne". 1910 : Atteint de tuberculose, Couté s'affaiblit peu à peu malgré les efforts de ses amis qui font tout pour lui procurer quelque argent, afin qu'il se soigne mieux. Gustave Hervé l'engage dans son journal anarchiste "La Guerre sociale" et lui commande, moyennant un salaire confortable, une chanson par semaine. "Écrites sur des sujets d'actualité, raconte Louis Lanoizelée, ces chansons pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient trop violentes et dépassaient ainsi le but qu'elles voulaient atteindre ! " COUTÉ est poursuivi pour outrages à la Magistrature, preuve que les personnages visés ne se sentent guère à l'aise ! En traînant Couté devant les tribunaux, les autorités penseront impressionner et museler l'audacieux dont les chansons agissaient comme un véritable ferment révolutionnaire. Mais c'est peine perdue car au terme du procès, le président s'entend dire par l'avocat : " Vous venez de condamner un mort ! Gaston Couté n'est plus. " Il s'était éteint le 28 juin 1911, à l'Hôpital Lariboisière après avoir tenté un ultime rétablissement dans les cabarets de BRUXELLES. Comme tant d'autres poètes maudits, Gaston Couté est mort d'épuisement, d'incompréhension et d'alcoolisation à l'âge de 31 ans ! Le 1er juillet, il est inhumé dans le cimetière de MEUNG-SUR-LOIRE. Alain René GEORGES, Magicien ventriloque, vous propose l'animation de votre soirée avec un spectacle de Gaston Couté ou de magie.Le P'tit Créme, P'tit Crème, Gaston Couté, Ptit creme.